VÉRONIQUE BEYRAND
La princesse africaine.
Regarde bien là, la couverture sur ton lit. Celle que ta grand mère a cousue choisissant les plus beaux tissus, les imbriquant les uns dans les autres, les assemblant en formes variées, tel un patchwork. Tu perçois la beauté mais également la complexité de l’œuvre.
Et bien, c’est comme cela qu’elle se présentait. Une femme lumineuse aux multiples facettes au point de perdre ta pensée. Tu pouvais tenter de la capter, toujours elle t’échappait pour mieux dominer, sans doute, sa manière à elle d’exister.
Ce qui fascinait le plus, c’était sa puissance. En princesse africaine, elle parcourait les rues de la ville à pied, arrivait combative prête à remuer ciel et terre pour la bonne cause, pour SA cause. Il n’y avait pas de règle pour elle, elle était en mode survie en permanence, avec cette élégance qui te laissait les bras ballants.
Au milieu de son visage rieur, survenait subitement sa souffrance tue. Autant dire qu’à cet instant, tous s’en éloignaient. Ils la redoutaient…
Tenir son regard, l’apprivoiser, la contenir, la ramener à la réalité et elle repartait avec cette même assurance dans la vie, avec cette même fierté.
Tout était équivoque en elle. Elle aimait et haïssait. Elle riait et hurlait. Elle subissait et dominait. Son intelligence surplombait sa personnalité solaire. Ses coiffures africaines et ses yeux brillants de malice, sa beauté vous laissaient sans voix.
Subrepticement, comme un caméléon sur sa feuille, j’ai perçu les mille éclats de son personnage fondent en moi, au point de ressentir en sa présence, des sensations ambiguës, indescriptibles et complexes : elle m’avait envoûtée ou perdue… je ne saurais jamais.
Véronique
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