LE CHOIX
Il était une fois
Un dimanche figé, silencieux, où tout semblait fermé, même l’avenir.
Lily serrait son téléphone, la voix tremblante.
— Catherine… c’est Lily. J’ai une semaine de retard.
(sanglots)… J’ai oublié ma pilule un soir… Aujourd’hui, j’ai cherché partout pour trouver un test. Les pharmacies, les rues… tout était fermé. Comme si le monde entier s’était ligué contre moi. J’ai couru, paniquée, jusqu’à en trouver un. La notice dit qu’il faut le faire le matin…
— bien, demain matin tu sauras,
— Cette nuit sera interminable. Je vais fixer le plafond, écouter mon cœur cogner. J’ai peur, Catherine. Tellement peur.
Et puis, je connais Max depuis deux mois à peine…
La voix de Catherine se fit douce, solide.
— Ma chérie… respire. Appelle-moi demain matin. Je serai là. Quoi qu’il arrive.
L’appel se coupa. Le silence revint.
Et avec lui, l’ombre d’un destin déjà en marche.
Deux jours plus tard.
Lily appelait depuis le bureau, la voix pressée, presque étouffée. Elle avait repoussé ce moment, espérant encore que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve. Mais le test était là. Positif.
Elle s’accrochait aux rares erreurs possibles, à l’idée qu’elle avait mal fait, qu’elle tremblait trop, qu’elle pleurait trop pour que ce soit vrai. Elle refusait d’y croire. Pas elle. Pas maintenant. Elle n’avait que dix-huit ans. Sa vie ne pouvait pas basculer ainsi.
Catherine parlait doucement, parlait de médecin, de prise de sang, de certitude à venir.
Lily acquiesçait sans y croire vraiment. Sa gorge était serrée, ses jambes flageolaient. Elle avait l’impression que tout le monde voyait la panique gravée sur son visage.
Elle raccrocha vite. Elle n’arrivait plus à parler.
Demain, peut-être, elle rappellerait.
Et au bout du fil, Catherine serait là.
Quelques jours plus tard.
Lily tenait une enveloppe entre ses mains. Le papier froissé tremblait autant qu’elle. Sa gynécologue l’avait reçue entre deux rendez-vous, et maintenant la réponse était là, enfermée, prête à tomber comme un verdict.
Elle n’osait pas l’ouvrir. Son cœur s’emballait. Et si le test s’était trompé ? Et si, au contraire, tout était vrai ? Elle n’arrivait même pas à y penser.
Au bout du fil, Catherine l’invitait à respirer, lui rappelait qu’elle était là.
Alors Lily ouvrit l’enveloppe.
C’était écrit noir sur blanc… Elle était enceinte. Une phrase qui ne semblait pas parler d’elle, comme si la vie d’une autre venait de basculer sous ses yeux. Pas elle. Pas maintenant. Pas comme ça.
Elle pensa aux chiffres, aux statistiques, à l’espoir absurde d’une fausse couche, que son corps déciderait peut-être à sa place. Tout lui semblait trop lourd, trop rapide. Elle sanglotait, épuisée, incapable de savoir si elle était prête à quoi que ce soit.
Catherine évoqua sa mère. Lily secoua la tête. Sa mère était en dépression, depuis le divorce. Elle avait coupé les ponts.
La voix de Catherine se fit douce, presque un murmure. Repose-toi. La nuit porte conseil.
Lily raccrocha, vidée.
Et la peur, elle, resta.
Chaque matin, Lily ouvrait les yeux avec cette même boule au ventre, cette oppression qui lui serrait poitrine. Le temps n’apaisait rien ; il resserrait l’étau. Il l’enfermait dans une attente sans issue.
Elle s’était accrochée, presque désespérément, à l’espoir d’une erreur. Un test défaillant. Une méprise née de la panique. Mais la prise de sang avait été sans appel, froide, définitive. Enceinte. Ce mot résonnait en elle comme une condamnation. Il n’y avait plus de fuite possible.
Alors, peu à peu, une pensée interdite avait germé. Une pensée qu’elle n’osait ni formuler ni regarder en face. Et si tout s’arrêtait ? Si son corps décidait pour elle ? Une fausse couche, naturelle, silencieuse, qui effacerait tout sans qu’elle ait à choisir. Que la peur se taise enfin. Que ce cauchemar cesse.
Lily s’accrochait au plus fragile signe qui pourrait annoncer une délivrance. Elle vivait suspendue à cette attente cruelle, ballotée entre une culpabilité dévorante et un soulagement qu’elle redoutait autant qu’elle l’espérait. Prisonnière de son propre corps, de son propre esprit, elle avançait sans repos, rongée par une angoisse qui ne la quittait ni le jour ni la nuit.
Quelques jours plus tard.
Lily avait parlé à Max. Et quelque chose s’était brisé.
Elle raconta à Catherine les reproches, la colère, la violence des mots. Il l’accusait, disait qu’elle l’avait piégé, lui avait fait un enfant dans le dos, que tout était de sa faute, qu’elle était irresponsable. Deux mois à peine, répétait-il. Il refusait de la revoir. Il exigeait qu’elle avorte. Chaque phrase était un coup, chaque accusation une blessure de plus.
La colère montait autant que la douleur. Pourquoi porter seule ce poids ? Pourquoi être la seule coupable ? Elle n’avait rien fait exprès. Elle n’acceptait pas d’être traitée ainsi, jugée, écrasée, comme si elle n’avait aucun droit sur sa propre vie.
Catherine l’écoutait, lui disait que ce n’était pas sa faute. Elle n’avait pas à subir cette violence. Mais la peur restait et Lily demanda à Catherine :
— Et si je me trompe ? Et si je prends une décision que je regrette toute ma vie… tu ferais quoi, toi, si tu étais à ma place ?
— Lily… dit Catherine, personne ne peut décider pour toi. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il n’y a que celle qui sera juste pour toi. Quoi que tu choisisses, je resterais avec toi.
Lily raccrocha, le cœur encore battant.
La nuit tomba.
Et avec elle, le poids d’un choix impossible.
Quelques jours plus tard.
Lily annonça qu’elle avait pris sa décision. Sa voix tremblait, mais les mots étaient clairs. Elle n’avait que dix-huit ans. Elle venait à peine de s’installer seule, ses parents s’étaient séparés et avaient coupé les ponts. Max s’était retiré, refusant cet enfant. Elle se sentait incapable d’enfanter seule. Pas maintenant. Elle n’en avait pas la force.
Alors oui, elle avait décidé d’avorter.
Un silence lourd s’installa entre elles, chargé de tout ce que cette décision contenait.
Catherine ne jugea pas. Elle rappela simplement que ce choix lui appartenait, que sa peur était légitime, que ce qu’elle traversait était d’une violence extrême. Quoi qu’elle déciderait, elle ne serait pas seule.
Catherine disait que l’essentiel était que ce choix soit le sien, et non un choix dicté par l’abandon, la solitude ou la peur.
La peur, pourtant, était là. Immense. Débordante.
Catherine lui promit d’être là, même si le regret venait un jour frapper à la porte. Elles traverseraient tout ensemble.
Lily sanglotait. Elle demanda encore un peu de temps.
La nuit tomba sur sa décision fragile, suspendue.
Et Catherine pensa très fort à elle.
Le lendemain
Lily rappela Catherine. Sa voix était fragile, mais une certitude nouvelle s’y glissait.
Elle avait réfléchi. Elle ne voulait pas avorter. Cet enfant, elle voulait le garder. Elle savait que ce serait difficile, que la route serait rude, mais au fond d’elle, c’était clair. Elle ne pouvait pas faire autrement.
Catherine ne posa pas de questions. Elle dit simplement que, si cette décision sonnait juste, alors des solutions existeraient. Qu’elles les trouveraient.
Le temps passait, et l’angoisse grandissait. Lily se sentait abandonnée, à la fois par sa mère et Max
Elle était traversée de sentiments opposés, déchirée de l’intérieur. Par moments, cette grossesse lui apparaissait comme un don du ciel. Puis, l’instant d’après, elle devenait un drame intime, une épreuve trop lourde à porter. Lily vacillait sans cesse : un jour persuadée que l’avortement était la seule échappatoire possible, le lendemain convaincue qu’elle devait garder cet enfant.
L’avenir la terrifiait. Se projeter en mère célibataire, sans repères, sans soutien, sans sécurité, faisait naître en elle une peur viscérale. La responsabilité lui paraissait immense, écrasante, presque inhumaine. Submergée par le tumulte des événements, Lily ne savait plus où elle en était. Elle se sentait perdue, à bout de forces.
Un jour, la gorge serrée et les mains tremblantes, Lily appela.
Un autre jour
Lily rappela en sanglots. Sa voix se brisait à chaque mot. Elle disait que c’était décidé, qu’elle allait avorter. Elle se forçait à regarder la réalité en face, sa situation précaire, l’absence de père… même si cela lui faisait mal. Max avait peut être raison, garder cet enfant était irresponsable.
Catherine écouta sans juger. Elle lui rappela qu’elle serait là, quelle que soit la décision.
Lily se disait perdue, ballotée entre des élans contraires. Mais cette fois, croyait-elle, elle savait. Elle répéta qu’elle allait avorter.
Catherine lui conseilla de voir son médecin, de se renseigner sur les délais. Non pour presser, mais pour permettre de réfléchir jusqu’au bout, en sachant exactement où elle en était.
Une heure plus tard, Lily rappela. Un rendez-vous était fixé pour le lundi suivant. Elle promettait de rappeler après.
Catherine pensa très fort à elle.
Le téléphone resta silencieux plusieurs jours.
Catherine, inquiète, se entait impuissante. .
Elle savait que, désormais, aucune parole ne pourrait alléger ce que Lily portait seule.
Ce choix-là ne se partage pas.
Catherine se souvenait des mots de Simone Veil « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement… Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et ce sera toujours un drame. »
Le lundi soir, après des heures interminables d’attente, Catherine réussit enfin à joindre Lily.
— Bonjour Lily… j’étais inquiète. Comment vastu ?
— Ça va…
— Et ton rendez-vous avec ta gynécologue, ça s’est bien passé ?
— Quel rendez ?
— Celui de ce soir… pour les délais légaux…
— Ah… j’ai complètement oublié.
Un silence.
— Tu vois, Lily…. Tu as ta réponse. Si tu n’avais pas voulu de cet enfant, tu n’aurais jamais oublié ce rendez-vous. Au fond de toi, tu sais ce que tu veux…
À cet instant, Catherine comprit : Lily avait choisi.
Un choix difficile, lourd de sacrifices, mais assumé.
Peu à peu, les angoisses commencèrent à s’apaiser.
Elle avançait enfin, malgré la peur.
Lily posa la main sur son ventre.
Ce n’était ni de la certitude, ni du soulagement.
Juste une décision.
Et avec elle, la fin de l’attente.
Quelque temps plus tard
Lily portait l’enfant depuis déjà quatre mois,
Le destin plaça sur sa route un homme dont le plus grand rêve était de devenir père.
Ils se mirent en couple et il adopta l’enfant.
Puis ensemble, ils donnèrent la vie à un second enfant.
Ce récit n’est pas un conte. C’est une histoire vraie.
novembre 2025
Parabole de la répétition
La mer
Chaque matin, après s’être retirée, la mer revenait et s’avançait vers la plage.
Ses vagues couraient vers le rivage, s’y brisaient, puis retournaient au large, puis revenaient encore et toujours vers la plage.
Encore et encore, sans fin, depuis le commencement du monde.
Chaque matin, la mer caressait le sable, déposait des coquillages, puis repartait lentement.
Un Bernard Lhermitte qui se sentait minuscule devant une telle immensité, osa sortir de sa coquille et lui murmurer :
— Pourquoi fais-tu toujours le même voyage ? Tu viens, tu repars, et tout recommence. N’en as-tu pas assez de cette répétition sans fin ?
La mer répondit doucement :
— Parce que c’est ainsi que je respire.
Le coquillage resta silencieux. La mer ajouta :
— observe bien, chaque retour n’est jamais tout à fait le même : les vagues changent, la lumière aussi, et les pas sur le sable ne sont plus ceux d’hier.
Alors le coquillage comprit que la marée ne recommençait pas, elle continuait.
Ce que l’œil croit immobile, le cœur sait vivant.
La répétition n’est pas un cercle qui enferme, mais une spirale qui élève.
mai 2025
L’homme statue – une rencontre insolite
L’homme se promène dans le parc et soudain s’avance attiré par un homme debout sur une estrade improvisée, on dirait un mime, il est immobile comme une statue. Une pancarte à ses pieds dit « une pièce pour une révélation … » suivi de trois petits points.
L’homme hésite, il est intrigué, puis, curieux, décide de mettre une pièce. L’homme immobile se met à bouger et à parler :
- « bonjour Monsieur. Ne gardez pas ce secret sinon il vous détruira…
- Mais de quoi parlez vous ?
- L’homme reprend : La disparition d’un tableau de grande valeur, dans la maison de feu votre mère, vous perturbe depuis plusieurs semaines, vos nuits sont très agitées. Pourquoi n’avez-vous pas déposé plainte. La situation vous dérange fortement.
- Mais comment pouvez vous savoir une chose pareille ? dit le Monsieur.
- il suffit de lire dans vos pensées dit l’homme,
- le Monsieur est abasourdi. Et que disent mes pensées ?
- au fond de vous, vous savez très bien que seul vous et votre frère jumeau avez accès à la maison de feu votre mère. Pourtant votre situation de député vous empêche de parler, plutôt se taire qu’éviter un scandale… sachez percer ce secret sinon il vous détruira...
- l’homme se tait, il est bouleversé. Il repart le dos voûté, la tête basse.
Une femme arrive avec sa fille de 13 ans, tout aussi intriguée, elle a entendu les bribes de mots « éviter un scandale » « percer ce secret ». Elle s’approche avec sa fille. Elle lit la pancarte au pied de l’homme statue : « une pièce pour une révélation … suivi de trois petits points.
La femme hésite, elle est intriguée, puis, curieuse, décide de mettre une pièce. L’homme immobile se met à bouger et à parler :
- « bonjour Madame, ne gardez pas ce secret sinon il vous détruira. Ne croyez vous pas qu’il est tant de le révéler à votre fille qui est en âge de savoir ?
- De quoi parle t il maman dit la jeune fille ?
- « Je ne sais pas répond » la mère qui a du mal à cacher sa soudaine émotion,
- Un lourd silence s’ensuit…. Et l’homme redevient immobile, comme une statue,
- Alors la jeune fille sort une pièce de sa poche et la pose devant l’homme immobile,
- « bonjour jeune fille » dit il. « demande à ta mère qui est vraiment ton père »
- La mère, bouleversée, prend sa fille par la main et s’enfuit…
Derrière un arbre, un jeune homme a assisté aux deux scènes et reste ébahi. Il s’interroge car il a bien envie d’aller voir l’homme immobile, mais il sent que le risque est grand.
mars 2025
L’ART
L’art, tel un souffle de liberté,
Nous ouvre un espace sans frontières,
Là où l’imaginaire prend son envol,
Au-delà des murs du réel, il éclaire
Les chemins secrets de l’âme,
Voyageant sans fin dans le temps,
S’échappant des chaînes du tangible,
Pour découvrir des horizons nouveaux.
Il permet de dire l’indicible,
De conter l’invisible et l’impensable,
Les drames, les absurdités de la vie,
Afin de transcender notre fragile condition,
Et d’élever l’humain vers l’infini.
L’art, fenêtre ouverte sur l’âme,
Plonge dans l’inconscient collectif,
Dans un langage de symboles éternels,
Révélateurs des archétypes enfouis :
Le héros, la mère, l’ombre secrète,
Qui résonnent en chacun de nous,
Témoins d’une humanité partagée,
Au-delà de nos différences, unis.
DIALOGUE entre LE CRI de Munch et le MARCHEUR de Giacometti
Ne me vois-tu pas, moi, Le Cri de Munch ?
Je suis la peur, l’angoisse qui consume l’âme.
Je hurle, mais nul ne m’entend.
Ne vois-tu pas ? Le ciel saigne, la terre vacille,
Le monde se dissout et moi, je sombre dans l’abîme.
Regarde-moi, je suis L’Homme qui marche de Giacometti.
Vois mon corps frêle, ma silhouette étirée par le temps.
moi aussi, j’ai hurlé ma douleur et vu le monde s’effondrer sous mes pieds,
Regarde moi, j’ai décidé d’avancer.
vois comme mes pas résonnent dans l’éternité,
Parce qu’exister, c’est ne jamais cesser d’avancer.
20 janvier 2025
Réminiscence
Les derniers reflets du jour s’effaçaient doucement, la chaleur s’évanouissait tandis que la fraîcheur du soir caressait mon visage. Je levai les yeux vers le ciel et me laissait imprégnée par l’atmosphère de la nuit naissante. Ce moment magique où l’obscurité s’avance effaçant peu à peu la lumière du jour. Les étoiles, discrètes et mystérieuses, commençaient à scintiller. Elles semblaient infiniment proche et pourtant si lointaines.
La nuit étoilée éveillait en moi les souvenirs de mon enfance et m’enveloppait d’une douce nostalgie. Je me revoyais, enfant, dans le jardin de ma grand-mère à l’Ile d’Oléron. Ma mère nous emmenait dehors. Là, dans ce silence vibrant, le temps était suspendu. Elle levait le doigt vers le ciel et nous montrait les étoiles. Elle connaissait leurs noms : la Grande Ourse dessinant un chariot ou une grande casserole suivant les mythes, et là Pégase, le cheval ailé, puis Orion les 3 étoiles alignées dessinant la ceinture du chasseur et l’Etoile Polaire qui guidait les marins en mer. Chaque étoile avait une histoire, une place dans les légendes qu’elle murmurait, comme si le ciel était un livre ouvert qu’elle seule savait lire. « Regarde, me disait-elle, elles sont toujours là. Elles étaient là avant nous, et elles resteront bien après. » « Tu comprends, n’est-ce pas ? Ce que tu vois là-haut, c’est plus grand que tout. » « quoi qu’il advienne, ces lumières continueront de briller. » J’étais émerveillée par les mots poétiques et le scintillement des astres. C’est là que j’ai appris à aimer le mystère, à trouver dans l’inconnu une invitation à rêver.
Parfois, ma mère évoquait les souvenirs de son enfance. La nuit, en secret, elle grimpait sur le toit avec ses frères et sœurs. Ce qu’ils percevaient alors comme un immense feu d’artifice, fascinant et spectaculaire dans leur regard d’enfants empreint d’innocence, n’était en réalité que les bombardements allemands durant la guerre. À leurs yeux, c’était un spectacle à la fois magique et irréel.
Il suffit d’un regard vers une nuit étoilée pour que les souvenirs m’envahissent. Je retrouve le jardin de mon enfance, ce lieu qui, à mes yeux d’enfant, semblait être le centre de l’univers. Alors, pour un instant, je redeviens cet enfant qui regarde les étoiles sans chercher à comprendre, seulement à ressentir. Les étoiles sont à la fois passé et présent, souvenir et promesse. Les nuits étoilées ont ce pouvoir étrange : elles ne changent jamais, mais elles nous changent, nous, à chaque fois qu’on les contemple.
20 janvier 2025
Il y a ces mots qui s’effacent dans le silence, ceux que j’aurais tant voulu entendre mais qui ne sont jamais venus, et ces mots indicibles que je n’ai jamais su prononcer.
Il y a les mots simples, doux et suaves, ceux qui ont su me réconforter.
Il y a les mots rudes, secs et abrupts, lancés comme des flèches, qui m’ont blessée.
Il y a les mots qui mentent, qui trahissent et brisent ma confiance.
Et puis, parfois, il y a ce mot inattendu, qui surgit sans prévenir, révélant un secret, une vérité enfouie, ou offrant une nouvelle lumière. Ce mot-là me traverse, m’ébranle d’émotion et, enfin, me libère…
7 octobre 2024
C’est moi à 7 ans. Les pieds dans la boue. Mon père nous emmène découvrir un terrain vague, perdu au milieu de nulle part. Devant moi, un énorme trou béant s’ouvre dans le sol détrempé. Un moment fascinant et étrange car avec mes yeux d'enfant, je n’arrive pas à imaginer qu'un immeuble pourrait émerger de ce trou creusé pour les fondations. Mes parents viennent d’acheter un appartement sur plan dans une ville de banlieue parisienne de la Vallée de Montmorency. C'est l'image que j’ai gardée de la première visite des lieux. Une petite ville rurale, parsemée de maisons au cœur des champs, qui se transforme en immense chantier. Soudain, tout semble sorti de terre comme par magie, les immeubles, les tours et ce béton qui envahit peu à peu la campagne.
C’est moi à 19 ans, debout sur la plateforme extérieure d’un ancien bus parisien, les cheveux aux vents. Follement heureuse de cette liberté acquise grâce à mon travail, chaque soir je traverse tout Paris pour rejoindre le lycée Place d’Italie. Là je suis des cours du soir en vue de passer mon bac. Je suis exaltée à l’idée d’être libre et d’embrasser le monde. A la fin de l’année, j’aurai mon bac et réaliserai mon rêve d’aller à l’université. Mon exaltation n’a d’égal que mon éblouissement devant la magie de Paris, ses lumières et la magnificence de ses monuments qui résonne avec la joie que j’ai au cœur. Il y a quelques années, il m’aurait été impossible de l’imaginer. Et pourtant, en mon fort intérieur, je n’en ai jamais douté.
4 novembre 2024
Je suis entrée dans une nouvelle ère de ma vie,
En poussant derrière moi la porte du passé.
C’est en janvier qu’un vent de renouveau s’est levé.
En janvier, la neige tombait, le froid était saisissant,
la ville s'étendait sous un voile blanc immaculé,
En janvier, je me sentais prisonnière d’une relation étouffante, figée comme un lac gelé.
L’hiver glacial semblait refléter l’immobilité de ma vie, sans horizon, sans issue.
Pourtant, au creux de ce gel, je sentais poindre un changement inévitable.
Janvier portait déjà les promesses d’un bouleversement à venir,
En janvier, sous les flocons, je parcourais les rues enneigées,
en quête d’un abri, d’un refuge, imaginant un ailleurs.
En janvier, je savais, au fond de moi, qu’avant la fonte des neiges,
je serais partie, libre.
25 novembre
La Vague des Sentiments
Mon cœur tumultueux s’emballe,
L’adrénaline se répand dans mes veines,
dans un élan fougueux, pleine d’allégresse,
je me sens emportée, enivrée d’enthousiasme,
grisée par ce puissant jaillissement vital,
qui m’élève vers une hauteur prodigieuse.
Couleurs
Rouge, le sang qui coule dans mes veines, l’énergie, la vie,
Orange, la couleur chatoyante des fleurs d’automne,
Jaune, la lumière et la chaleur d’un soleil d’été,
Vert, la douceur d’une prairie au printemps, quand la nature renaît,
Bleu, le ciel d’azur, l’air que je respire, l’esprit calme et tranquille, l’âme sereine,
Violet, l’intuition, la lumière divine,
Tout comme l’arc en ciel nait d’un rayon de soleil après la pluie,
L’âme ne connaitrait pas l’arc en ciel si les yeux n’avaient pas de larmes pour pleurer.
Petit être mystérieux
Je fus réveillée en pleine nuit avec une sensation étrange.
Il y avait une présence dans la pièce, quelque chose d’inhabituel.
Aucun signe visible dans cette profonde obscurité.
Mais la présence était là, tout près de moi, elle emplissait l’espace.
Tous mes sens étaient en éveil.
Enfin je me levais et allumais la lumière, il n’y avait rien.
Pas âme qui vive, pas un souffle, pas un bruit.
Pourtant la présence était toujours là.
J’allais éteindre la lumière lorsque j’aperçus mon reflet dans le miroir de la chambre.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir dans le miroir un petit ange sur mon épaule. !
Il me fit un clin d’œil et un sourire et disparut tout aussi mystérieusement.
un Archéologue et la découverte d’une momie
Nous étions écrasés par la chaleur du soleil. L’on cherchait depuis des mois. Partis tôt ce matin, il faisait maintenant une chaleur étouffante. Les fouilles devenaient une routine sans fin, cette routine m’épuisait. Des heures à creuser sous le sable, casser les pierres, soulever les cailloux.
Au bord de l’épuisement, ma vue se brouillait. Soudain je crus apercevoir sous le sable un morceau de pierre étrange. J’étais à bout de force « probablement un mirage » ai-je pensé. Mais il y avait quelque chose d’insolite. Je me suis senti attiré comme par un aimant. En approchant, ma vision s’éclaircissait. Il y avait là quelque chose d’inhabituel. J’étais de plus en plus intrigué.
Redoublant de force, je me suis mis à creuser et creuser encore. La pierre apparaissait, des éclats brillaient sous un soleil éclatant. J’étais émerveillé. Ces longs mois de fouille n’avaient pas été vains. Je vivais un moment extraordinaire. Mon attention fut attirée par des caractères gravés dans la pierre, des hiéroglyphes. Je compris qu’il s’agissait d’une épitaphe lorsque j’ai lu « La mort est le seul chemin qui mène à la renaissance ». C’était donc bien un tombeau. Ici gisait une momie.
Filiation
Mes mots sont tabous dans une famille où certains mots ne se prononcent pas,
Mes mots sont silencieux dans une famille où l’on ne m’entend pas,
Mes mots sont étouffés dans une famille bruyante et agitée, où l’on parle de tout sauf des choses de la vie,
Mes mots sont une énigme s’ils expriment une émotion, qui suis-je pour oser ce que d’autres s’interdisent ?
Mes mots sont un mystère s’ils expriment la compassion, perçue par d’autres comme une faiblesse.
Mes mots sont parfois rejetés avec violence mais je ne m’y résigne pas.
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