Atelier 8 MYTHOLOGIE
Jean-Louis Dupas
Encore et toujours il faut que j'y retourne
J'ai beau ne pas vouloir me presser
C'est couru d'avance pur jus
C'est certain ils veulent ma peau
Et si je ne finis pas là
Ce sera avec le canard du coin
Coincoin
Tout ce qui m'attend
N'a rien de réjouissant
J'en ai une peur bleue
Je vais devoir faire Tintin
Pour revenir à la santé.
Orange Ô désespoir.
II
Il se pensait à l'abri
Sagement rangé dans ce port bien abrité
Il en avait connu des coups de vent
Et des tempêtes
Qui au cours du temps
N'avaient fait que renforcer
Ce voilier sagement rangé.
Il semblait imperturbable solidement amarré
Non rien ne semblait pouvoir perturber
Une existence si équilibrée
Et pourtant, un jour comme un autre
Un jour qui cachait son jeu
Une vague taquine vint l'effleurer
Une vague taquine vint le provoquer
Je vais te faire découvrir des contrées inconnues de toi
De nouveaux horizons que tu ne soupçonnes pas
Des fruits savoureux
Dont tu te gaveras goulument
Lui si sûr de lui se dit in petto
Cause toujours tu m'amuses
Nous allons faire une petite sortie
La mer aujourd'hui est plaisante
Et ce soir je rentre au port
Mais insidieusement la mer peu à peu forcit
Le vent se lève la houle s'amplifie
Tant et si bien que sans l'avoir vu venir
Il se retrouve en pleine tempête
Force douze et même pire
Lui qui croyait tout contrôler
Y laissa un mat et une partie de sa coque
Tel un fétu de paille
Balloté, emporté, fut sur le point de sombrer.
Rien n'ai jamais acquis à l'homme
Ni sa force ni sa faiblesse.
Jean-Louis Dupas
De sa flèche dérobée à Cupidon
Un jour où celui-ci était distrait
Où pour tout dire il s'en foutait
Orphée se fit un archet
Et de sa lyre exhala le délire
D'un amoureux éperdu
D'une dulcinée elle aussi distraite
D' une dulcinée qui le fait marcher
D' une dulcinée qui le fait se retourner
Il est des jours
Où Cupidon s'en fout.
Icare qui passait par là
Etait-ce vraiment par hasard
Icare à tire d'ailes
Sur les cendres encore chaudes
Des espérances amoureuses orphéennes
Souffle avec la plus grande ardeur
Jouant par procuration les intermédiaires négociateurs
Pour cet Orphée en route pour l'enfer
A jouer à ce petit jeu
Il finit par prendre feu
La flèche de Cupidon s'en brisa
La lyre s'enraya
Et tout ce petit monde retourna à ses affaires.
Il est vraiment des jours
Où Cupidon s'en fout.
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